« Il n'y a rien de négatif dans le changement, si c'est dans la bonne direction. »

Winston Churchill

La décision que je prends est insignifiante à l'aune des réalités que vivent aujourd'hui nos concitoyens et les réfugiés qui vivent dans notre pays et que dire de mes amis en prison à Madrid ou de ces volontaires prêts à mourir arme à la main en Syrie auprès des kurdes.
Toute ma vie depuis mes premiers engagements j'ai combattu l'injustice, la misère, les inégalités. Et c'est de ces luttes dont je suis issu, de ces luttes dont je reste un acteur, d'abord en tant que militant associatif, syndical puis en tant que responsable politique et ancien élu local.
Mon histoire militante se confond avec celle d'une Gauche humaniste, a-dogmatique et émancipatrice. Or cette Gauche, je n'ai eu de cesse de la voir se décomposer sous mes yeux,  mais la mouvance écologiste reste celle pour laquelle je donne le plus.
C'est par coherence avec mon engagement écologiste et regionaliste (je suis actuellement responsable de la commission Régions et Fédéralisme) qu'aujourd'hui je choisis de quitter EELV.
Le congrès de Pantin, en refusant de faire un vrai bilan des années passées, a bien porté son nom.
Se faire élire sur un discours d'autonomie de l'écologie politique pour plonger quelques mois plus tard dans la campagne Hamon puis dans un accord avec le PS aux Législatives, je n'en suis toujours pas revenu. C'est plus que dubitatif sur ces choix et les méthodes pour y parvenir que j'ai fait partie au Conseil Fédéral des plus véhéments mais minoritaires opposants. Les instances du Parti, et je ne suis pas le seul à le penser, n'ont volontairement rien fait pour endiguer l'incroyable évaporation des adhérents et le délitement idéologique.
Chaque texte sur des questions aussi essentielles à l’écologie de transformation que le Fédéralisme, la Décroissance, l'éducation alternative… a fait ces derniers mois l'objet de débats surréalistes sans compter la Laïcité ou l'Europe voire même le Droit du Travail… Les divergences entre nous étant devenues de plus en plus infranchissables, j'en ai tiré la conclusion de la dérive de ce parti vers des sphères très éloignées de ce que je pense être la radicalité nécessaire pour sauver la Planète.
Après 27 ans de militantisme à Gauche dont 11 ans chez les Verts-EELV, je ne trouve plus de sens à continuer dans ce parti. Pourtant depuis quelques mois la résistance s'organise, elle n'a pas bénéficié de circonstances favorables mais je pense qu'elle a trouvé son ultime justification dans le sort inconcevable fait aux salariés…  Et ce ne sont pas de pseudos-assises qui ne sont là que pour masquer une "maison commune" avec Génération.S qui vont changer quoique ce soit, elles signent tout simplement la liquidation de notre famille politique, ce à quoi je me refuse.

Comme l’écrivait déjà André Gorz, dans un texte de 1974, il y a "leur écologie et la nôtre » et il ne s’agit pas là d’évoquer une crise d’appareil mais bien de dire quel outil politique nous voulons pour changer la Société et le Monde. Certains ont cru, comme Jospin en 2002, que le politique ne pouvait pas tout et ainsi affaibli la Démocratie. Il est plus que temps d’inverser cette tendance.
C'est donc sans hésiter que je vais à ECOLO, Mouvement de l’Écologie Politique.
J’y vois, au-delà des sympathies personnelles, l’envie de relever un vaste défi : celui de participer à la reconstruction d'un projet écologiste et de transformation sociale rendu plus que nécessaire face à la multiplication des crises (environnementale, énergétique, sociale, démocratique, géopolitique…).
 
https://mouvementecolo.eu/

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