D'ici quelques jours, le soufflet retombé d'une actualité parfois tellement brûlante qu'elle se télescope, chacun pourra peut-être discerner la vérité dans l'imbroglio médiatique et le factuel caché entre pittoresque et violence...

Le même jour: un nouveau gouvernement, dont un nouveau ministre de l'Intérieur qui va en moins de 24h montrer son incurie et son incompétence alors qu'il occupe le poste le plus important, une opération policière massive concernant la France Insoumise et le Parti de Gauche sur des histoires de financement (assistants au Parlement Européen et campagnes), tout cela couronné d'une intervention fort pâlotte du Président Macron...

Bon restons en aux faits:

- La perquisition chez JL Mélenchon, aux sièges des mouvements (PG, FI) et chez les assistants est légale

- La procédure sans Juge sur ordre et en présence uniquement du procureur est a priori légale

- JL Mélenchon avait le droit de filmer (mais en faisant cela il filme des fonctionnaires de police)

- JL Mélenchon avait le droit d'appeler à un rassemblement devant le siège de la FI

- JL Mélenchon et ses coillègues députés bénéficient de l'immunité parlementaire cela ne s'applique pas aux assistants et cela n'interdit pas aux policiers de "le toucher", la référence à l'aspect "sacré" de sa personne est romaine mais n'a aucune justification en droit actuel

- JL Mélenchon et ses amis n'avaient pas le droit d'interrompre par la force une perquisition à leur siège, ni de s'en prendre à la police et encore moins à un procureur. Des poursuites vont être engagées contre eux. L'immunité protègera les députés mais pas les militnts.

- Le procureur de ces affaires n'a pas été nommé par Macron ou Castaner mais avant 2017

- Le télescopage des dates est involontaire vu que la perquisition était prévue avant la démission de Collomb.

- Le député Djebarri accuse les militants FI d'avoir pousser des policiers au sol, c'est faux même s'il y a eu des coups échangés.

- Cette affaire n'est pas une première sur le fond, depuis 1992 de nombreux sièges de partis, voire des bureaux d'élus, des domiciles de politiques ont été perquisitionnés (PS, RPR, FN, Modem, PCF, UMP, PRG, Sarkozy, Dassault, Fillon...). Par contre, elle l'est par son ampleur (une centaine de policiers mobilisés).

Maintenant, subjectivement:

- Tout cela entre en résonnance avec la stratégie de désigner un adversaire unique pour Macron: les populistes (ou ceux qu'il définit comme tels, RN ex-FN et FI)

- Mélenchon en filmant le matin chez lui se victimise et de fait a raison de dire que c'est une perquisition politique.

- Mélenchon en envahissant le siège de la FI pendant la perquisition et en insultant, menaçant les policiers puis s'en prenant physiquement au procureur fait une déclaration de force face à l'état de droit... Alors là...

- Je ne suis pas le dernier à dénoncer (en ce jour anniversaire de la tuerie du 17 Octobre 1961) les violences policières au nom du principe de Liberté. Et pour ma part je suis un partisan de la désobéissance civile et de l'action non-violente donc aller enfoncer une porte protégée par des policiers n'aurait de sens pour moi que si ceux-ci étaient en train de commettre un acte manifestement illégal ou amoral (perquisitionner un parti politique n'est ni l'un ni l'autre, détruire des cabanes de zadistes, expulser des sans-papiers ou protéger des champs d'OGM est amoral, protéger des devantures de banques peut être amoral, s'en prendre à des lycéens en grève assis ou à détruire des banderolles non-discriminantes dans une manif est illégal et je ne parle pas des tirs injustifiés, du massacre d'Ouvéa, des étouffemets à l'arrière d'un fourgon ou dans une gendarmerie etc...)

- Bref l'hystérisation et la caricature ne rendent pas service à la Démocratie, l'excès de violence policière comme les nominations de procureurs sont dommageables à la conception que je me fais de la République...

Alors ensuite me direz vous, Vichy était légal, ses lois étaient légales: dans le contexte d'un prise de pouvoir, le système se donne un cadre, il est juridiquement fondé mais pour autant il ne devient pas légal car a posteriori, la France Libre à Londres et le Comité Provisoire à Alger ont considéré comme nul et non avenu l'Etat Français et la plupart des ses lois (gardant certaines dispositions: Police Nationale, Licence IV, partition bretonne...). On peut dire la même chose du Reich etc...

L'idée de Morale Républicaine est importante, elle renvoie à des concepts anciens et relire Montesquieu ou même Platon serait utile.

Donc je comprends le sentiment d'injustice dans le traitement: les affaires concernant Macron (Lyon, Benalla...) vont mettre longtemps à être examinées et le risque que cela finisse en non-lieu est fort.

La FI a raison de vouloir poser le problème politique mais elle n'est pas toujours aussi véhémente pour certaines causes, il faut dire que j'ai vu de mes yeux à la ZAD des militants FI se faire huer par des zadistes et bousculer par des militants bretons, pareil lors d'hommages à Clément Méric à Paris...

Mélenchon, l'ancien ministre n'est pas le bienvenu partout et à force de vouloir incarner l'héritage républicain de Jaurès et Mitterrand en même tant que l'esprit révolutionnaire de 1792, ça devient difficile.

"Je suis un insoumis" criait Gainsbourg, moi je suis prêt lorsque ce sera nécessaire à être un insurgé comme en 1871 à Paris ou en 1936 à Barcelone (où a été tué un de mes parents). En attendant, moi le militant antifasciste (et là par contre la confrontation physique est nécessaire parfois), le syndicaliste (solidaire des militants qui se défendent face à la repression), je reste fraternel avec les camarades insoumis légitimement en colère face à un pouvoir et un gouvernement particulièrement cruel envers les réfugiés mais aussi les petites gens, les jetant dans les bras de l'extrême droite...

La lutte continue, camarades gardez espoir.

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